Résidences


L’ARBRE AUX PRÉNOMS est une installation in situ, en extérieur et participative. Il est ma réponse à l’appel à projet «(E) MIGRATION » proposé par la Communauté de Communes du Champsaur dans le cadre des «Rencontres Artistiques en Champsaur» qui se sont tenues du 7 juin au 16 septembre 2013.
« …Aujourd’hui où la question de la filiation est brûlante, l’identité étant le cœur de cette quête, je remonte à ma source, je rebrousse chemin, je vais sous la couche, sous l’écorce, je vais à l’os et trouve les racines. Je reviens donc aux miennes. Mes grands-parents paternels, Maria-Cristina et Giuseppe-Antonio, sont venus d’Italie. D’italiens ils sont devenus immigrés en France. Mes deux parents sont nés en France, Orlando mon père est devenu Roland, son prénom fut francisé. De mes grands-parents maternels, Marie-Louise et François-Marcel je ne sais presque rien, je ne connais que leurs prénoms. Ils sont tous ma famille. Ils sont mes racines. Les prénoms familiaux nous disent beaucoup. Ils nous disent d’où l’on vient. Petite fille de…migrants, immigrés, j’ai émigré moi-même… »
J’ai fait en amont, un travail en relation avec les enfants par le biais des écoles maternelles et primaires avoisinantes et en lien avec la communauté de communes, les enseignants et les familles. Avec le support d’un «arbre généalogique simplifié» les enfants ont recherché leurs prénoms familiaux et les ont inscrits sur celui-ci. Les enseignants ont ainsi abordé le concept de l’arbre généalogique. La coopération des familles a été nécessaire, indispensable et leur participation a été active et volontaire. Une fois sur place, je me suis rendu dans les classes, à la rencontre des enfants et j’ai récolté leurs « arbres ». J’ai ensuite transcrit les prénoms sur des étiquettes de papier cartonné. Auparavant et à l’atelier, j’avais inscrit à l’encre et signé sur une face, une ligne horizontale d’environ vingt et un grain de riz par étiquette. Cette ligne continue les traverse toutes, les rend uniques et l’ensemble est d’une belle force. J’ai ensuite accroché ces étiquettes (traitées des deux faces) avec un lien à la façon des «tanzakus» japonais, ces petites cartes verticales sur lesquelles sont inscrits des vœux, dans «L’ ARBRE AUX PRÉNOMS». Soixante-quatre enfants m’ont offert quatre cent quarante-huit étiquettes à nouer à l’arbre ! Trente-six adultes ont ajouté deux cent cinquante-deux étiquettes et au total sept cent étiquettes sont accrochées dans l’arbre.
Cet arbre nous parle de racines, de temps qui passe et de mémoire. Il nous parle des autres et de nous-mêmes. Il nous dit si l’on vient d’ici ou d’ailleurs. La poésie habite ses branches. L’arbre choisit est un frêne, un « frère » à une lettre et un accent près.

Marie Carnévalé Juin 2013.

CETTE  VIDÉO ainsi que les interviews ont été réalisés par Géraldine DISS de Planète Champsaur lors de la semaine de résidence des artistes dans le cadre des rencontres artistiques en Chaillol 2013.

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